Un barbu, c’est un barbu ! Trois barbus, c’est des barbouzes !

Publié le 28 octobre 2011 par John Dillinger | Catégorie : Actualité, Analyse, Faferies

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Après la reconnaissance par les autorités bavaroises de l’utilisation d’un logiciel espion, le département fédéral de justice et de police suisse (DFJP) vient lui aussi de reconnaitre l’utilisation de tel procédé.

Tout commence lorsque, dans un communiqué publié le 8 octobre, le Chaos Computer Club (CCC) célèbre groupe de « hackers » allemands, accuse la police allemande d’utiliser un logiciel espion dans certaines de ses enquêtes. Le CCC révèle que ce virus de type « cheval de Troie », appelé entre autre R2D2, est capable non seulement d’intercepter les conversations via Skype, mais aussi de consulter les mails reçus et envoyés, prendre des captures d’écrans ou encore activer à distance la webcam et le microphone de l’ordinateur infecté. Plus grave encore, toujours selon l’analyse du CCC, il serait possible d’effectuer des mises à jour à distance pour lui ajouter des fonctionnalités, de lui attribuer de nouvelles tâches ou de télécharger des programmes non-voulus. Enfin, ce que dénonce le collectif de « hackers » est la présence « d’erreurs grossières dans sa mise au point et dans son installation offrant des failles de sécurité béantes dans l’ordinateur infiltré, et qui peuvent être utilisées par des tiers ».

Selon une décision de la  Cour constitutionnelle allemande de 2008, la police a la possibilité d’utiliser ce genre de logiciel, à condition d’obtenir l’accord d’un juge et que, l’enquête ait pour but d’établir les preuves d’infractions criminelles très graves ou que la sécurité du pays soit menacée.

Après quelques hésitations du gouvernement fédéral, les autorités bavaroises ont finalement reconnu, le lundi 10 octobre, que ce logiciel avait été mis au point par la société DigiTask en 2009 pour le compte de la police régionale bavaroise. Le même jour, le porte-parole adjoint du ministère de l’Intérieur, Markus Beyer, a tenté de relativiser l’affaire en déclarant durant une conférence de presse : « A notre connaissance, le programme mis en évidence par le CCC est vieux de trois ans et, en l’état actuel de nos recherches, il n’a jamais été utilisé ». A ce jour, quatre Landers ont déclaré être en possession de ce logiciel espion. La ministre fédérale de la justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, a demandé l’ouverture d’une enquête pour connaitre l’ampleur de l’espionnage et calmer ainsi la polémique liée à l’affaire. En effet les Allemands sont très attentifs à la protection de la vie privée, ce qui s’explique par l’expérience des systèmes policiers mis en place en Allemagne durant le régime nazi et la RDA.

La société DigiTaske affirmait de son côté, avoir vendu ce logiciel à d’autres pays tels que l’Autriche, les Pays-Bas ou encore la Suisse.

La confirmation de la Suisse ne s’est pas faite attendre. Le jeudi 14, le porte parole du département fédéral de justice et de police (DFJP), Guido Balmer, a confirmé l’utilisation d’un logiciel espion semblable au R2D2 allemand. Cette information avait dans un premiers temps été révélée par la télévision alémanique SF et le quotidien gratuit 20 minuten. Selon le site ICT journal, M. Balmer aurait déclaré que ce logiciel espion a bien été utilisé dans quelques cas pour élucider des crimes graves. Denis Simonet, président du parti pirate suisse, a quant à lui, vivement critiqué l’utilisation de ces logiciels espions qui sont pour lui, antinomique avec un Etat de droit.

En France, la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI 2) adoptée le 8 février 2011 permet, aux officiers de police judiciaire, dans le domaine de la criminalité organisée et sur autorisation de juge d’instruction, de « mettre en place un dispositif technique ayant pour objet, sans le consentement des intéressés, d’accéder, en tous lieux, à des données informatiques, de les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu’elles s’affichent sur un écran pour l’utilisateur d’un système de traitement automatisé de données ou telles qu’il les y introduit par saisie de caractères » (Art. 706-102-1 code de procédure pénale).

La France s’est donc dotée, au même titre que ses voisins de logiciels espion. Elle en a même vendu à l’étranger. C’est en tout cas ce que semble démontrer des archives retrouvées dans les locaux des services secrets du colonel Kadhafi, qui utilisait selon ces documents, des logiciels espions fournis par la société française Amesys, pour espionner les internautes lybiens.

L’enjeu des enquêtes en Allemagne et en Suisse, sera de déterminer si l’utilisation de ces outils, rentrait bien dans le cadre de la légalité fixé par la loi. On peut penser, en ce qui concerne la France, que ces polémiques mises à côté des affaires récentes impliquant des fonctionnaires de police, viendront peut-être s’inviter durant les futurs débats pour l’élection présidentielle.

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Commentaires

Commentaire de Jean.B, le 3 novembre 2011 à 18 h 44 min

« La hollande, les pays bas »? Sinon bonne article

Commentaire de John Dillinger, le 3 novembre 2011 à 22 h 45 min

petite coquille, je devais être à l’ouest . C’était l’Autriche en fait.

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