Mélenchon: une victoire à portée de main

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Sommes-nous sur le point d’entrer de plain-pied dans le clair-obscur, avec son lot de monstruosités et de monstres ou, bien au contraire, assistons-nous à l’émergence d’un nouveau monde ? C’est une question centrale, voire historique qui se pose à nous. Une question à laquelle le Poisson Rouge, malgré une mise en sommeil forcée par les contraintes de la vie, se devait de répondre. Reprendre la plume après un si long silence pour certains dans l’équipe (moins long pour les plus téméraires d’entre nous) n’est pas chose aisée. Mais se taire dans cette période où se côtoient tout autant l’espoir du retour des jours heureux, de l’émeute joyeuse, pacifique et fraternelle que la crainte d’une plongée dans le clair-obscur, comme l’écrivait Antonio Gramsci du fin fond de sa geôle italienne, nous est tout simplement impossible. Ecrire, mais pourquoi ? Parce que pour la première fois depuis de nombreuses années, apparaît la possibilité d’une victoire politique décisive.

Bien sûr, ce serait une erreur évidente de penser que seules les urnes apportent le changement. Tout autant qu’estimer que dans une cadre démocratique tout aussi imparfait qu’il soit, seule la rue permette le progrès social. Il suffit de se retourner un peu, de nous replonger dans l’histoire politique de notre pays, pour constater que les avancées sociales ont toujours eu comme socle le combat social et comme corollaire le front politique.

Ne nous trompons pas. Le culte de la personnalité n’a jamais été un sport très pratiqué chez nous. Trop jeunes pour le stalinisme, trop vieux pour être des groupies. Et si, à quelques jours du premier tour, Jean-Luc Mélenchon est en capacité de se retrouver au second tour, porté par une extraordinaire dynamique sociale et populaire, ce n’est pas par la grâce de ses beaux yeux et le charme de ses envolées lyriques. Le talent d’orateur ne fait pas tout dans le combat politique. Tout juste le sublime-t-il. Non. Si Jean-Luc Mélenchon se retrouve aujourd’hui devant le Parti socialiste dans toutes les enquêtes d’opinion et qu’il est en position de dynamiter ce système bipartiste étouffant, c’est bien parce que depuis plus de 10, 15, 20 ans, la France s’agite, exprime sa colère sociale dans de nombreux mouvements sociaux et politiques. Une mobilisation de longue haleine qui trouve, selon nous, une traduction politique. Non pas comme une fin. Mais comme un moyen supplémentaire, un facilitateur pour aboutir à ce seul objectif qui nous anime tous, quelles que soient nos sensibilités politiques, communistes, trotskistes, anarchistes, écologistes, socialistes : avoir une vie meilleure, une société égalitaire, un monde plus juste. En somme, la liberté pour toutes et tous. Car c’est bien la promesse qui nous est faite.

Faut-il faire aveuglément confiance ? Les belles promesses n’engagent que ceux qui y croient, c’est bien connu. Surtout que le souvenir de 1981 – même si au Poisson Rouge nous n’étions pas encore né – et la trahison d’une certaine gauche est encore vif dans nos rangs. Mais la résignation serait la pire réponse à apporter. Car un peuple qui se résigne, c’est un peuple qui se soumet. C’est un peuple qui laisse en paix ses puissants pour continuer à diriger nos vies, exploiter notre travail, s’enrichir sur notre sueur. Pis, la résignation pourrait nous amener à une forme de nihilisme, le nihilisme au cynisme. Celui d’espérer le pire des scénarios pour que les masses, une fois le dos au mur, n’aient plus comme seule voie à emprunter celle de la violence brutale et aveugle. Or, aujourd’hui, un autre chemin s’offre à nous, démocratique, populaire, majoritaire. Et si Jean-Luc Mélenchon devait accéder à la plus haute fonction, cela ne signifierait pas pour autant la mort du mouvement social, loin de là. Plus fort que jamais, portés par la victoire de notre camp social, nous serions tout à la fois des sentinelles et une force de proposition pour lui rappeler à chaque instant ses promesses, son serment devant nous et l’obliger à accélérer la transformation de la société au rythme de nos ambitions.

Nous entendons évidemment les réticences de certains à glisser un bulletin Mélenchon. Pour sa politique internationale principalement, que ce soit pour ses positions déformées par certains médias sur la Syrie, ses supposées fascinations pour les dictateurs sud-américains ou sa stratégie européenne. Des pièges grossiers. Des épouvantails agités par le pouvoir en place et ses représentants, François Hollande en tête, le PS en voiture-balai. Ne nous laissons pas berner. Nous ne referons pas ici l’inventaire de toutes les fausses informations qui ont circulé ces dernières semaines. Renseignez-vous, lisez, écoutez ses interventions en entier d’ici dimanche (souvent longues, certes, mais c’est le prix d’une pensée construite et globale) plutôt que de vous satisfaire des extraits judicieusement choisis par certains chiens de garde du système pour dissuader le seul vote efficace qui ferait bouger les lignes.

Ce dimanche 23 avril, chaque voix comptera pour départager ces deux camps qui se font aujourd’hui face. Celui de la réaction contre la révolution fraternelle. Du clair-obscur contre le nouveau monde. Du clair-obscur contre le nouveau monde.

L’équipe du Poisson Rouge

 

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