Nous sommes au 13ème jour d’occupation du parvis de la Défense (Hauts de Seine) par les indignés. Nous sommes allés à leur rencontre afin de mieux comprendre leurs revendications.
Une trentaine d’indignés étaient encore présents sur le parvis de la Défense (92) ce mercredi 16 novembre 2011. La veille les CRS avaient délogé environ 60 indignés venus camper sous la grande Arche, leur confisquant par la même occasion couvertures et duvets. En fait, l’action Occupons la Défense se poursuit depuis le 4 novembre. Maxime, 33 ans, aide-soignant à Trappes (78) et indigné nous raconte. « Cela fait 13 jours que nous nous battons pour conserver la place. Systématiquement, la police ou la gendarmerie nous confisquent notre matériel et détruisent nos constructions », essentiellement constituées en carton. « Nous n’avons pas d’avis d’expulsion poursuit-il, en réalité il leur est interdit de nous prendre nos affaires ».
Le camp des indignés de la Défense est caché entre les marches de la grande Arche abritant les locaux de l’OCDE et le marché de Noël. Au centre d’un petit cercle de pancartes, l’espace octroyé aux indignés est organisé en « coins » : cuisine, pharmacie, fripes, art. Quelques campeurs frigorifiés tentent de convaincre les passants, principalement des salariés des groupes financiers du quartier d’affaire parisien, d’autres sont encore allongés, fatigués par les nuits passées à la belle étoile.
La présence de forces de l’Ordre sur le parvis est très remarquable. Depuis la station la Défense du métro, jusqu’aux abords de la table d’information du camp, gendarmes mobiles, policiers en civils et gardiens de la paix observent les moindre faits et gestes, et n’hésitent pas à intervenir. Pendant notre entretien des gendarmes ont confisqués des cartons trouvés auprès des poubelles du centre commercial par deux indignés. Et ces derniers, soutenus par le reste des campeurs, de chanter « libérez les cartons, libérez les cartons… ».
« On parle du système mondial ».
Malgré la détermination affichée par les campeurs et la dynamique qu’ils entendent poursuivre, les Indignés ont des difficultés à exprimer leurs revendications. Emilie, 28 ans, réceptionniste et artiste-comédienne vivant dans les Hauts de Seine (92), insiste sur la diversité des revendications du mouvement. « Notre objectif finalement est de récupérer le pouvoir politique, pour mettre en place une démocratie réelle ». Le monde d’aujourd’hui explique-t-elle est partagé ainsi, « pour 1% la cupidité, et pour 99%, l’austérité ». Sur les pancartes dessinées au feutre, on peut lire « Goldman Sachs, jusqu’où iras-tue ? », « Ferme ta Bourse » ou encore « Arrêter la pauvreté, ce n’est pas de la charité, c’est la justice ». A l’opposé des mouvements sociaux traditionnels, organisés par les syndicats, le mouvement des indignés ne porte pas en lui de revendications sociales, précises ou corporatives.
Emilie ajoute : « notre objectif est de rassembler les contraires. Nous voulons trouver un juste milieu », une sorte de bon sens qui serait à l’origine des décisions politiques et législatives. « Notre voulons arriver à une société plus humaine, au niveau mondial. Notre réflexion ne s’arrête évidemment pas à la Défense ».